One Year

  • Une fin de matinée d’Automne, un quai de gare.

La rame s’immobilise dans un grincement doux à mes oreilles. Des gens s’appellent, d’autres se dirigent sans hésiter vers la sortie la plus proche. Un sourire illumine mon visage alors qu’elle descend gracieusement de son wagon, le cou tendu à la recherche d’une silhouette familière. Mon cœur s’emballe alors qu’elle se jette à mon cou. Je retrouve sous l’étreinte un contact familier soulageant mes craintes passées et m’abandonne sans retenue aux sentiments qui s’emparent de moi, répondant avec chaleur à ses baisers passionnés.

« Tu m’as manqué. »


  • Un après-midi d’hiver, début Décembre.

Je l’aperçois de loin, assise sur un banc, emmitouflée dans son manteau.

« Vous attendez quelqu’un mademoiselle ? »

Elle me saute au cou, colle son nez froid au mien, préservé par la chaleur moite du métro.

Elle se serre contre moi tandis que nous marchons, mon bras entoure ses épaules frissonnantes, elle sourit. La place sur laquelle se tient le marché de Noël sent bon les marrons chauds et les gaufres. Les pelouses enneigées se parent de lumières multicolores avec la tombée de la nuit tandis que la foule des badauds grossit autour des stands. Le froid s’intensifie, des flocons emplissent le ciel d’un noir de jais. Elle s’arrête pour me faire face. Je l’enlace alors qu’elle enfouit son visage dans le creux de mon épaule.

« Je t’aime. »

  • Un rayon de soleil filtre à travers les rideaux, laissant espérer un beau week-end de Printemps.

Je m’éveille en sentant le poids de sa tête sur mon épaule et l’odeur de ses cheveux parfumant l’espace alentour. Je goûte la chaleur d’une main posée en travers de ma poitrine, d’un corps blotti contre le mien. Je devine les formes de son corps nu et endormi sous les draps, les voyant frémir avec la régularité de sa respiration. Je me plais à contempler son visage serein et ses traits apaisés par l’abandon au sommeil.

Magnifique journée en perspective.

  • Une plage d’été, minuit sonne dans le lointain à l’église d’un village.

Le ciel est dégagé, la traînée familière de la Voie Lactée barre le ciel de cette côte isolée. Elle est allongée contre moi, perdue dans la contemplation du vide qui nous entoure. Seuls nos doigts entrelacés me raccrochent à la réalité. Le fracas régulier des vagues sur le sable me berce, mes paupières se ferment. Son front se colle au mien, j’ouvre les yeux. Dans les siens brillent d’autres étoiles, et le goût de ses lèvres me rappelle à son souvenir. Elle passe une main dans mes cheveux tandis que les miennes parcourent son corps. Je voudrais que cet instant dure à jamais.